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Portrait de Wilhelm Bacher (1850–1913)

L’exégèse biblique dans le Zohar : relire Wilhelm Bacher (1891)

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Autour d’un texte de Wilhelm Bacher

En 1891, Wilhelm Bacher consacrait deux livraisons de la Revue des études juives à une question décisive : comment le Zohar lit-il la Bible ? Réunis ici pour la première fois sur Beit HaZohar en un seul fac-similé, ces deux textes montrent un savant du XIXe siècle attentif non seulement à l’exégèse mystique, mais aussi aux procédés de lecture littérale, rabbinique et philologique présents dans le corpus zoharique.

Un article publié en deux temps en 1891

L’étude de Bacher paraît dans le tome 22 de la Revue des études juives en deux parties : la première dans le n°43 (janvier-mars 1891), p. 33-46 ; la seconde, annoncée comme « suite et fin », dans le n°44 (avril-juin 1891), p. 219-229. Les deux notices sont consultables sur Persée ; leurs DOI sont 10.3406/rjuiv.1891.3719 et 10.3406/rjuiv.1891.3748.

Le PDF proposé ci-dessous réunit les 25 pages de l’étude dans leur ordre original afin de restituer l’article comme un ensemble continu, tout en conservant la pagination et la typographie du fac-similé de 1891.

Qui était Wilhelm Bacher ?

Wilhelm Bacher (1850-1913), également connu sous le prénom hongrois Vilmos, fut l’un des grands représentants de la science du judaïsme en Europe centrale. Rabbin, orientaliste, philologue et historien de la littérature rabbinique, il enseigna au Séminaire rabbinique de Budapest dès sa fondation en 1877 et en devint le directeur en 1907. Son œuvre couvre notamment l’exégèse biblique, la littérature talmudique et midrashique, l’hébreu, l’arabe et le judéo-persan. La Revue des études juives, à laquelle il collabora très régulièrement, lui consacra une notice nécrologique en 1914.

Son profil est important pour comprendre le texte : Bacher ne lit pas le Zohar comme un praticien de la Kabbale, mais comme un historien de l’exégèse. Il cherche à identifier des techniques de lecture, des emprunts, des parallèles et des filiations intellectuelles. Cette approche donne à son étude une grande valeur documentaire, même lorsque certaines de ses conclusions doivent aujourd’hui être replacées dans l’état de la recherche de la fin du XIXe siècle.

Ce que Bacher cherche dans le Zohar

L’intérêt majeur de l’article est de déplacer le regard. Là où l’on associe spontanément le Zohar à l’interprétation mystique et symbolique, Bacher rassemble aussi des passages où apparaissent des formes de peshat, des raisonnements philologiques, des rapprochements avec des exégètes médiévaux et des procédés hérités de la tradition rabbinique. Il s’interroge ainsi sur la manière dont le Zohar mobilise l’Écriture et sur les milieux intellectuels dont il pourrait conserver la trace.

Sa lecture insiste en particulier sur les relations possibles avec l’exégèse juive médiévale espagnole et provençale, ainsi qu’avec des commentateurs comme Rachi, Abraham ibn Ezra, David Kimhi ou d’autres autorités citées ou reflétées dans le texte. Pour Bacher, ces rapprochements constituent des indices historiques autant que des observations exégétiques.

Lire ce texte aujourd’hui

Il faut toutefois lire Bacher historiquement. Dans les premières lignes de son étude, il présente comme largement résolue la question de l’origine médiévale du Zohar et accorde une place centrale à Moïse de Léon. Cette orientation a profondément marqué la recherche moderne, notamment au XXe siècle. Mais les travaux plus récents ont nuancé l’idée d’un auteur unique : une partie importante de la recherche décrit aujourd’hui la littérature zoharique comme un corpus stratifié et collectif, lié à plusieurs auteurs, cercles ou phases de rédaction, même si Moïse de Léon demeure une figure essentielle de sa formation et de sa diffusion.

C’est précisément ce décalage qui rend l’article intéressant : il permet de voir comment, dès 1891, la lecture historique du Zohar s’organisait autour de l’exégèse biblique, tout en offrant de nombreux relevés de passages qui restent utiles indépendamment des débats sur l’auteur ou la datation.

Le texte complet réuni en un seul PDF

Ce fac-similé rassemble les deux livraisons de 1891 : p. 33-46, puis p. 219-229. Les scans proviennent de l’exemplaire numérisé de la Revue des études juives disponible sur Google Books ; les références bibliographiques ont été contrôlées avec Persée.

Pour poursuivre sur Beit HaZohar : voir La Composition du Zohar : manuscrits BnF, le Dictionnaire du Zohar et Imprimer et éditer le Sefer ha-Zohar.

Références

  • Wilhelm Bacher, « L’exégèse biblique dans le Zohar », Revue des études juives, t. 22, n°43, 1891, p. 33-46.
  • Wilhelm Bacher, « L’exégèse biblique dans le Zohar » (suite et fin), Revue des études juives, t. 22, n°44, 1891, p. 219-229.
  • Maurice Liber, « W. Bacher », Revue des études juives, t. 67, n°134, 1914, p. 161-169.
  • Ronit Meroz, « The Archaeology of the Zohar: Sifra Ditseniʽuta as a Sample Text », Da‘at, 82, 2016.

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